Depuis quelques années, les fêtes foraines souffrent d’une mauvaise réputation : accidents à répétition (parfois mortels), pratiques douteuses de certaines forains, tensions avec de nombreux maires qui refusent désormais l’installation de ces événements sur leurs communes… Oui, le monde forain a besoin de redorer son image ! Dans ce contexte, son avenir se jouera entre tradition et innovation.


Nées au cœur des grands marchés médiévaux, où se croisaient marchands et artistes, les foires itinérantes ont peu à peu évolué pour devenir les fêtes foraines que l’on connaît aujourd’hui. Derrière l’ambiance lumineuse et sonore se cache un univers de métiers exigeants : installation et animation des manèges, contrôles de sécurité quotidiens, fabrication artisanale de confiseries, gestion de stands de toutes sortes… Des milliers de forains continuent de perpétuer cet héritage avec fierté, affrontant les défis modernes, sans jamais perdre de vue leur passion d’apporter de l’amusement au grand public. En France, près de 35000 fêtes foraines sont organisées chaque année. Parmi les plus connues, on retrouve la Foire du Trône au printemps sur la pelouse de Reuilly à Paris, la Foire Saint-Romain à l’automne sur les quais de Seine à Rouen, la Fête des Loges dans la forêt de Saint-Germain-en-Laye pendant l’été, ou encore la Foire de Nancy au printemps et à l’automne



Petit coup de pouce, le 4 décembre 2024, l’Unesco a inscrit la « culture foraine » sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité, à la suite d’une demande franco-belge, reconnaissant « un mode de vie itinérante » riche en traditions et des fêtes foraines fédératrices. La culture foraine « est un élément fédérateur pour des milliers de personnes et la fête foraine constitue un événement important qui permet de se retrouver en famille et entre amis. Elle promeut la paix et la cohésion sociale en créant un espace où divers groupes et communautés peuvent se rencontrer », a reconnu l’organe d’évaluation de l’Unesco. « C’est une légitimité qui nous manquait. La fête foraine, ce n’est pas qu’un simple loisir, c’est un héritage à préserver et à transmettre », confiait récemment Jean-Pierre Savignac, porte-parole du syndicat des marchands ambulants, au micro de France 3. Si cette reconnaissance de la culture foraine pourra permettre de redonner une certaine légitimité à ces événements, il n’en reste pas moins que les défis à relever restent nombreux. Le grand public est en tout cas demandeur, à la recherche de nouvelles sensations toujours plus fortes, mais aussi d’un côté nostalgique qui rappelle sa propre enfance. Sans oublier la transmission de ces petits plaisirs de la vie aux jeunes générations. Les forains doivent donc se saisir de l’opportunité en adaptant leurs pratiques aux nouvelles attentes des visiteurs.
